, Atelier du sel

Que contient le sel ?

Collaboration programmatique entre atelier LUMA et l’architecte néerlandais Eric Geboers, l’atelier Sel s’est terminé aujourd’hui. Des designers et architectes israéliens, néerlandais, italiens, français et américains ont travaillé ensemble durant cinq jours, en se livrant avec le sel à des expériences tournant autour du thème « contenir » dans ses différentes dimensions matérielles, psychologiques, sociales et écologiques.

Le projet a commencé par un dîner et la projection du documentaire « Le peuple du sel : une Grèce en Camargue », présentée par son réalisateur Thomas Gayrard et sa mère, Annie Maïllis, auteure de « Des Grecs en Camargue : un exil entre sel et mer ». La projection a permis de préciser le contexte socio-historique dans lequel les communautés immigrées se sont constituées puis dispersées en fonction des évolutions de l’industrie locale du sel. Cette soirée a été suivie de visites au Parc naturel régional de Camargue ainsi qu’aux marais salants de Salin-de-Giraud. Elles ont été une source d’inspiration supplémentaire pour les tests de matériaux et le développement de prototypes qui se sont déroulés ensuite à la Mécanique générale. 

La présentation du bilan de l’atelier a été accueillie avec intérêt par un auditoire qui comprenait des associés d’atelier LUMA ainsi que des représentants du patrimoine culturel algérien venus participer au SIPPA (Salon international des patrimoines à Arles) qui se tenait dans la Grande Halle adjacente. Le petit groupe de designers a présenté trois prototypes/propositions visant à reconsidérer la valeur du sel. Karlijn Sibbel, Roxane Lahidji et Ivanna Gomez ont proposé une plancha à base de sel. Composée d’une superposition de plusieurs couches où le sel est associé à différentes herbes (thym, ail ou poivre), cette plancha propose une manière unique de cuisiner et servir la nourriture. Matteo Baldassari a pour sa part mis au point un matériau composite de couleur rosée, durable et étanche, à base de sel et de porcelaine. Matteo estime qu’il pourrait servir à emballer, par exemple, la fleur de sel. Enfin Erez Nevi Pana a élaboré un récit problématisant la coupure matérielle entre la tour métallique de Frank Gehry et l’abondance du sel en Camargue. Soulignant que la tour possède une structure cristalline, il a suggéré dans son récit qu’au lieu d’être fabriqués en métal, ses panneaux devraient être faits de sel.

Le sel contient la saveur, la chaleur et la couleur locales. Il peut également générer de nouvelles productions et même des espaces. Cet atelier constitue le premier pas de la longue exploration des potentialités du sel qu’atelier LUMA entend poursuivre au cours des prochains mois.